les couleurs

January 30, 2012

Evening – standing on the bridge over the canal by Place d’Arago –  the sky a bonfire of delights –  in contrast to the more muted tones in daylight.

And the paintbox that is Collioure . . .

These trees, with yellow fruits that I shamefully can’t identify at the moment, against the limpid winter sky. Update, is that it is Melia azedarach, thanks David !

Strong definition of coloured materials behind the Église des Calmes in Ille sur Tet

and a shiny and soft chalky  composition of components in Place de la République. .

Natural tones of flints and sandy stones on the ramp in Plaςa des Ouls . . .

the Plaςa, itself, dressed in Catalan garb. . . . .

. . . the evening sky towards Canigou.

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés
Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites
Germer mille sonnets dans le coeur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

Charles Baudelaire  À une Dame créole

In the perfumed country which the sun caresses,
I knew, under a canopy of crimson trees
And palms from which indolence rains into your eyes,
A Creole lady whose charms were unknown.

Her complexion is pale and warm; the dark enchantress
Affects a noble air with the movements of her neck.
Tall and slender, she walks like a huntress;
Her smile is calm and her eye confident.

If you went, Madame, to the true land of glory,
On the banks of the Seine or along the green Loire,
Beauty fit to ornament those ancient manors,

You’d make, in the shelter of those shady retreats,
A thousand sonnets grow in the hearts of poets,
Whom your large eyes would make more subject than your slaves.

collioure morning to twilight

December 29, 2011

Arriving by train at Collioure, you hit the market quickly. It’s a Saturday market normally . . . the spice, soap and sponge stall ( what is the collective name?) was busy . . .

. . . des éponges!

The famous view of Église Notre-Dame-des-Anges in front of  the  Îlot St-Vincent.

Don’t forget to turn around and see my preferred view back to the Château Royal and Port d’Avall – stunning today with bonfire smoke. . .

. . . . . look down and see tiny anchois . . .

The plane trees are really beautiful now – the old quarter – the Mouré in the background.

Some buildings have an aristocratic charm.

By the entrance to Notre Dame is a small landscaped area – it works well. Inside . . .

the gilded high altar by Catalan sculptor Joseph Sunyer  and all the more stunning as the ceiling and much of the wall surface is quite modest and understated. Behind the church, on the rocks of Îlot St-Vincent . . . looking north east.

And then back to the south west  . . .

As the sun moves to the west at Jardins de Pams   I’m reminded of Le Crepiscule, so here it is:

Voici le soir charmant, ami du criminel;
II vient comme un complice, à pas de loup; le ciel
Se ferme lentement comme une grande alcôve,
Et l’homme impatient se change en bête fauve.

Ô soir, aimable soir, désiré par celui
Dont les bras, sans mentir, peuvent dire: Aujourd’hui
Nous avons travaillé! — C’est le soir qui soulage
Les esprits que dévore une douleur sauvage,
Le savant obstiné dont le front s’alourdit,
Et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
Cependant des démons malsains dans l’atmosphère
S’éveillent lourdement, comme des gens d’affaire,
Et cognent en volant les volets et l’auvent.
À travers les lueurs que tourmente le vent
La Prostitution s’allume dans les rues;
Comme une fourmilière elle ouvre ses issues;
Partout elle se fraye un occulte chemin,
Ainsi que l’ennemi qui tente un coup de main;
Elle remue au sein de la cité de fange
Comme un ver qui dérobe à l’Homme ce qu’il mange.
On entend çà et là les cuisines siffler,
Les théâtres glapir, les orchestres ronfler;
Les tables d’hôte, dont le jeu fait les délices,
S’emplissent de catins et d’escrocs, leurs complices,
Et les voleurs, qui n’ont ni trêve ni merci,
Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi,
Et forcer doucement les portes et les caisses
Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses.

Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment,
Et ferme ton oreille à ce rugissement.
C’est l’heure où les douleurs des malades s’aigrissent!
La sombre Nuit les prend à la gorge; ils finissent
Leur destinée et vont vers le gouffre commun;
L’hôpital se remplit de leurs soupirs. — Plus d’un
Ne viendra plus chercher la soupe parfumée,
Au coin du feu, le soir, auprès d’une âme aimée.

Encore la plupart n’ont-ils jamais connu
La douceur du foyer et n’ont jamais vécu!— Charles Baudelaire Le Crépuscule du soir 

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